Un plateau de formule 1 bientôt sans couleurs ? : ce que pose la réglementation de la catégorie sur le sujet

27 juillet 2023

Un plateau de formule 1 bientôt sans couleurs _ _ ce que pose la réglementation de la catégorie sur le sujet

Depuis les révélations de février et mars 2023 des monoplaces, les fans de formule 1 ont pour la plupart été étonnés de voir des livrées avec une abondance de noir. L’explication de ce choix par les écuries se pose dans la limite de poids des monoplaces. Cette limite se faisant par l’édiction chaque année d’un nouveau règlement décidé par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) dont l’application est parfois un enjeu.

Une explication dû au règlement de course

Le caractère obligatoire du règlement en formule 1 :

Le règlement de la formule 1, comme tout règlement juridique, se voit obligatoire dans son entièreté à l’ensemble des écuries et concurrents. 

Cette réglementation correspond à un ensemble de règles sportives et techniques édictées par la FIA. Elle vise à encadrer le sport de la meilleure façon qu’il soit pour à la fois assurer l’égalité entre les équipes, la sécurité des pilotes ou encore les incidents de course…

La FIA se charge de faire évoluer et d’adapter chaque année ses réglementations en fonction des contraintes actuelles. Pour illustrer, en 2023 la nouvelle réglementation s’est vue modifiée sur les pénalités moteur ou encore l’usage du DRS (Drag Reduction System en anglais et Système de Réduction de la Traînée en français). Les plus parlantes sont possiblement l’abaissement de la température ambiante du carburant pour des raisons écologiques ou encore la vaccination obligatoire contre la Covid 19.

Ce que prévoit le règlement sur la situation colorimétrique de 2023 :

Bien que le règlement encadrant la formule 1 est large, il ne peut, comme chaque droit, encadrer précisément chaque partie.

Pour l’édition 2023, le poids bien qu’il semble au premier abord élevé, est en réalité un objectif à atteindre ainsi qu’un enjeu pour les équipes chargées du développement. 

Le cœur du défi réside au sein du règlement technique de la F1 et plus précisément à son article 4.1. Celui-ci prévoit que les voitures doivent peser au maximum 796 kg. Ce poids comprend à la fois l’ensemble des pièces la composant ainsi que le pilote. Seul le carburant contenu dans le réservoir n’est pas compté. Pour permettre aux équipes d’avoir plus de libertés, ce poids fût par la suite remonté à 798kg lors d’une réunion du Comité technique du 25 avril 2023. Durant l’année de conception des véhicules, les équipes ont lutté pour l’alléger au maximum. C’est en partie de par ce rabais de poids que les écuries ont tour après tour décidé de supprimer de la peinture de la carrosserie de leurs monoplaces. En mars dernier, le directeur technique d’Aston Martin, Andy Green, avait affirmé que « pour descendre au poids réglementaire, c’est un défi. Nous avons passé en revue toute la voiture de l’avant à l’arrière, et nous avons enlevé la peinture partout où nous le pouvions. Je pense qu’au total nous avons économisé environ 350 grammes ».

Une limite juridique à l’obscurité des monoplaces

Le règlement :

Bien qu’il n’ait pas été en mesure d’anticiper la situation, celui-ci n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle vis-à-vis des retraits de peinture. Dans les règlements de 2023, la peinture des formules 1 n’est pas expressément mentionnée. Seules les « couleurs » portées par le véhicule le sont de manière indirecte. Dans les termes de l’article 9.1 a) du règlement sportif de la F1 il est disposé que les couleurs des monoplaces introduites pour une même saison doivent être identiques. 

Cette disposition n’est pas la seule de l’article. En effet, quelques lignes plus loin il est énoncé que les monoplaces doivent être facilement distinguables entre elles. Que celles-ci doivent porter le numéro du pilote (pour illustration, le numéro de Lando Norris est le 4, celui de Daniel Ricciardo le 3, Carlos Sainz Jr le 55…). Doit également figurer le nom et l’emblème de l’écurie (comme le Cavallino Rampante de Ferrari ou encore le logo des deux taureaux de chez Red Bull).

Les possibilités d’annexes au règlement :

Pour contrer cette avancée de la couleur noire sur les prochaines années à venir, quelques idées ont parfois été offertes. Parmi celles-ci se trouve une réglementation demandant le recouvrement d’un certain pourcentage de la surface de la monoplace ou des pièces de carbone.  

Il est également possible, pour inciter les écuries à conserver leurs peintures, une augmentation du poids réglementaire des monoplaces. 

Enfin, l’autre possibilité mais qui reste la plus onéreuse serait que les sponsors fassent la demande d’apposition de leur logo sur une couleur précise du nuancier usée pour les livrées de l’écurie. Cependant, cette hypothèse n’est utilisée pour le moment que dans le cadre d’événements particuliers, comme la célébration de McLaren Racing pour Gulf Oil international lors du Grand Prix de Monaco de 2021.

Derniers articles UYL

Le juge administratif et la théorie de l’acte clair

Le juge administratif et la théorie de l’acte clair

Avec la venue du traité de Rome de 1957, la France doit appliquer le droit de l'Union Européenne. Ce faisant, un risque de conflit de normes est né entre le droit national français et le droit communautaire. Le juge administratif, étant conduit à appliquer et...

Les défis juridiques liés au droit à l’image des sportifs

Les défis juridiques liés au droit à l’image des sportifs

Dans le contexte actuel du sport professionnel, le droit à l’image détenu par un sportif représente un défi majeur, principalement en raison de l'évolution des médias et de la technologie. La prolifération des chaînes de télévision, des plateformes de streaming, et...