La vente d’armes en droit international
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5 février 2024

La vente d'armes en droit international 

Depuis le dĂ©but du conflit en Ukraine, la France a donnĂ© l’équivalent de 3 milliards d’Euros d’aide au pays qui a subi l’offensive Russe. Parmi ces 3 milliards, 1.7 milliards consistent en l’approvisionnement et la cession d’armes et de munitions. De mĂȘme en IsraĂ«l, les États-Unis fournissent Ă  peu prĂšs 3.8 milliards d’aide militaire Ă  l’Etat HĂ©breu. Ce dernier a achetĂ© 50 avions de chasse F-35 derniĂšrement.

Les ventes d’armes dans le monde n’ont pas attendu les conflits pour apparaitre, ces Ă©changes d’équipements militaires existent depuis longtemps et sont un marchĂ© qui pĂšse trĂšs lourd. MarchĂ© qui a tout de mĂȘme subi une envolĂ©e avec le conflit Ukrainien. De 2018 Ă  2022, les Etats Unis reprĂ©sentent 40% de l’exportation mondiale d’armes suivis par la Russie 16% et la France 11%.  Les plus gros clients de la France sont l’Inde, le Qatar ou enfin l’Egypte. En gĂ©nĂ©ral, ceux qui achĂštent le plus d’armes sont les pays du Moyen-Orient, des pays qui sont souvent en conflit ou au bord du conflit (Inde-Bengladesh). L’Ukraine, elle, devient le troisiĂšme importateur d’armes depuis le conflit reprĂ©sentant 8.3% du total des importations derriĂšre le Qatar (8.9%) et l’Inde (10.45%).

Il est alors facile de remarquer que l’importation d’armes reste un marchĂ© important pour les relations gĂ©opolitiques mais aussi trĂšs lucratif. Tellement lucratif que pour veiller Ă  sa bonne conduite il a Ă©tĂ© nĂ©cessaire de poser des rĂšgles internationales (A) Des rĂšgles qui sont appliquĂ©es par un traitĂ© qui  se voit surtout appliquer dans les pays de l’Union EuropĂ©enne (B).

A- Le Traité sur le commerce des armes

Le traitĂ© sur le commerce des armes (TCA) est un traitĂ© entrĂ© en vigueur le 24 dĂ©cembre 2014 Ă  l’ONU. Ce traitĂ© comporte 26 articles. Le 1er article indique les buts de ce traitĂ© qui est de rĂ©glementer le commerce international d’armes classiques pour ainsi Ă©liminer le commerce d’armes illicite afin de contribuer Ă  la paix, rĂ©duire les souffrances humaines et promouvoir coopĂ©ration et transparence.

L’article 2 prĂ©cise son champ d’application, sont concernĂ©s les chars et tous types de vĂ©hicules de combat terrestre, naval et aĂ©rien ainsi que les piĂšces d’artilleries, missiles et armes Ă  feu en tous genres. Ici n’est pas pris en compte les armes nuclĂ©aires et de destruction massive, seul l’armement conventionnel est pris en compte.

L’article 3 et 4, eux, rĂ©glementent les armes et les piĂšces d’armes. Enfin, l’article 5 lui « exige » que les Etats communiquent le plus possible en tenant des listes, en communiquant en toute transparence sur leurs importations et exportations d’armes. La suite des articles demande aux Etats de respecter l’ordre international et les traitĂ©s.

De ce fait, le TCA n’interdit pas la vente d’armes mais essaie de la limiter en imposant des rĂšgles. Évidemment, comme tous traitĂ©s internationaux, ces rĂšgles ne sont obligatoires que pour les Etats qui ont signĂ© et ratifiĂ© le traitĂ©. Tous les autres Etats ne sont pas concernĂ©s. De plus, ça reste un traitĂ© de droit international qui n’a pas de valeur contraignante. Sa violation ne va pas forcĂ©ment entraĂźner de punition, l’Etat qui enfreindrait les rĂšgles en dĂ©passant le seuil de nocivitĂ© serait exclu simplement du traitĂ© et ne subirait pas de rĂ©elles sanctions contraignantes.

À ce jour, 81 Ă©tats ont ratifiĂ© le TCA sur les 130 qui ont signĂ©. Il faut savoir que la ratification vaut une rĂ©elle approbation alors que la signature n’implique pas l’Etat au niveau juridique. La Russie, l’Ukraine et les Etats-Unis ne font pas partie des 81 ratificateurs alors que la France ainsi que d’autres pays d’Europe occidentale en font partie. De ce fait, les pays non ratificateurs ne sont pas soumis Ă  ce traitĂ© sur les armes. On remarque alors que les deux plus gros exportateurs mondiaux ne font pas partie de ce traitĂ©. Ils ne sont donc soumis Ă  aucune limite au niveau de l’échange d’armes surtout que ces deux pays font partie des membres permanents du conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU. Ces membres permanents ont un droit de veto lors des votes durant ce Conseil. De ce fait, ils peuvent Ă©viter les sanctions les plus graves en apposant leur veto. Ce traitĂ© semble donc insignifiant face Ă  ces Etats puissants.

B- L ’union EuropĂ©enne actrice essentielle sur le commerce des armes

L’union EuropĂ©enne joue finalement le rĂŽle du « bon Ă©lĂšve » concernant le commerce des armes au niveau international.

De prime abord, tous les Etats membres de l’union europĂ©enne sont partis au traitĂ©. L’UE apporte une aide importante au contrĂŽle de la vente d’armes en formant des experts locaux afin d’assurer une bonne mise en Ɠuvre du TCA, par la crĂ©ation d’une base de donnĂ©es pour la mise en Ɠuvre du traitĂ© et enfin assurer une bonne communication par des moyens d’information pour assurer la coopĂ©ration entre Etats.

L’UE a ainsi fourni 15 millions d’euros pour aider à son adoption et à sa mise en Ɠuvre.

Ainsi par l’action de l’UE sur le commerce des armes Ă  l’échelle mondiale, les Etats membres cherchent Ă  assurer la stabilitĂ© et la paix sur le sol EuropĂ©en. Seulement sur ce mĂȘme sol, des Etats ne font pas partie de ce traitĂ© comme la Russie.

En fin de compte Ă  l’échelle internationale, le commerce des armes reste trĂšs peu limitĂ©. Peu d’Etats semblent vouloir se voir contraint pour Ă©changer, acheter ou vendre des armes et munitions. Si les plus gros exportateurs ne font rien alors le commerce des armes ne va pas diminuer et mĂȘme s’ils en faisaient partie ça ne changerait peut-ĂȘtre rien. Pour preuve, la France bien que membre du TCA reste le 3Ăšme exportateur d’armes au monde. Il faut ensuite rĂ©flĂ©chir sur les limites Ă  imposer aux Etats, si le commerce des armes lĂ©gales subit trop de pression alors le commerce illĂ©gal d’armes Ă  feu qui est dĂ©jĂ  important augmenterait plus encore. En effet, il est certes possible de limiter le commerce des armes mais pas les conflits qui demandent toujours plus d’armes et de munitions.

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