Depuis le dĂ©but du conflit en Ukraine, la France a donnĂ© lâĂ©quivalent de 3 milliards dâEuros dâaide au pays qui a subi lâoffensive Russe. Parmi ces 3 milliards, 1.7 milliards consistent en lâapprovisionnement et la cession dâarmes et de munitions. De mĂȘme en IsraĂ«l, les Ătats-Unis fournissent Ă peu prĂšs 3.8 milliards dâaide militaire Ă lâEtat HĂ©breu. Ce dernier a achetĂ© 50 avions de chasse F-35 derniĂšrement.
Les ventes dâarmes dans le monde nâont pas attendu les conflits pour apparaitre, ces Ă©changes dâĂ©quipements militaires existent depuis longtemps et sont un marchĂ© qui pĂšse trĂšs lourd. MarchĂ© qui a tout de mĂȘme subi une envolĂ©e avec le conflit Ukrainien. De 2018 Ă 2022, les Etats Unis reprĂ©sentent 40% de lâexportation mondiale dâarmes suivis par la Russie 16% et la France 11%. Les plus gros clients de la France sont lâInde, le Qatar ou enfin lâEgypte. En gĂ©nĂ©ral, ceux qui achĂštent le plus dâarmes sont les pays du Moyen-Orient, des pays qui sont souvent en conflit ou au bord du conflit (Inde-Bengladesh). LâUkraine, elle, devient le troisiĂšme importateur dâarmes depuis le conflit reprĂ©sentant 8.3% du total des importations derriĂšre le Qatar (8.9%) et lâInde (10.45%).
Il est alors facile de remarquer que lâimportation dâarmes reste un marchĂ© important pour les relations gĂ©opolitiques mais aussi trĂšs lucratif. Tellement lucratif que pour veiller Ă sa bonne conduite il a Ă©tĂ© nĂ©cessaire de poser des rĂšgles internationales (A) Des rĂšgles qui sont appliquĂ©es par un traitĂ© qui se voit surtout appliquer dans les pays de lâUnion EuropĂ©enne (B).
A- Le Traité sur le commerce des armes
Le traitĂ© sur le commerce des armes (TCA) est un traitĂ© entrĂ© en vigueur le 24 dĂ©cembre 2014 Ă lâONU. Ce traitĂ© comporte 26 articles. Le 1er article indique les buts de ce traitĂ© qui est de rĂ©glementer le commerce international dâarmes classiques pour ainsi Ă©liminer le commerce dâarmes illicite afin de contribuer Ă la paix, rĂ©duire les souffrances humaines et promouvoir coopĂ©ration et transparence.
Lâarticle 2 prĂ©cise son champ dâapplication, sont concernĂ©s les chars et tous types de vĂ©hicules de combat terrestre, naval et aĂ©rien ainsi que les piĂšces dâartilleries, missiles et armes Ă feu en tous genres. Ici nâest pas pris en compte les armes nuclĂ©aires et de destruction massive, seul lâarmement conventionnel est pris en compte.
Lâarticle 3 et 4, eux, rĂ©glementent les armes et les piĂšces dâarmes. Enfin, lâarticle 5 lui « exige » que les Etats communiquent le plus possible en tenant des listes, en communiquant en toute transparence sur leurs importations et exportations dâarmes. La suite des articles demande aux Etats de respecter lâordre international et les traitĂ©s.
De ce fait, le TCA nâinterdit pas la vente dâarmes mais essaie de la limiter en imposant des rĂšgles. Ăvidemment, comme tous traitĂ©s internationaux, ces rĂšgles ne sont obligatoires que pour les Etats qui ont signĂ© et ratifiĂ© le traitĂ©. Tous les autres Etats ne sont pas concernĂ©s. De plus, ça reste un traitĂ© de droit international qui nâa pas de valeur contraignante. Sa violation ne va pas forcĂ©ment entraĂźner de punition, lâEtat qui enfreindrait les rĂšgles en dĂ©passant le seuil de nocivitĂ© serait exclu simplement du traitĂ© et ne subirait pas de rĂ©elles sanctions contraignantes.
Ă ce jour, 81 Ă©tats ont ratifiĂ© le TCA sur les 130 qui ont signĂ©. Il faut savoir que la ratification vaut une rĂ©elle approbation alors que la signature nâimplique pas lâEtat au niveau juridique. La Russie, lâUkraine et les Etats-Unis ne font pas partie des 81 ratificateurs alors que la France ainsi que dâautres pays dâEurope occidentale en font partie. De ce fait, les pays non ratificateurs ne sont pas soumis Ă ce traitĂ© sur les armes. On remarque alors que les deux plus gros exportateurs mondiaux ne font pas partie de ce traitĂ©. Ils ne sont donc soumis Ă aucune limite au niveau de lâĂ©change dâarmes surtout que ces deux pays font partie des membres permanents du conseil de sĂ©curitĂ© de lâONU. Ces membres permanents ont un droit de veto lors des votes durant ce Conseil. De ce fait, ils peuvent Ă©viter les sanctions les plus graves en apposant leur veto. Ce traitĂ© semble donc insignifiant face Ă ces Etats puissants.
B- L âunion EuropĂ©enne actrice essentielle sur le commerce des armes
Lâunion EuropĂ©enne joue finalement le rĂŽle du « bon Ă©lĂšve » concernant le commerce des armes au niveau international.
De prime abord, tous les Etats membres de lâunion europĂ©enne sont partis au traitĂ©. LâUE apporte une aide importante au contrĂŽle de la vente dâarmes en formant des experts locaux afin dâassurer une bonne mise en Ćuvre du TCA, par la crĂ©ation dâune base de donnĂ©es pour la mise en Ćuvre du traitĂ© et enfin assurer une bonne communication par des moyens dâinformation pour assurer la coopĂ©ration entre Etats.
LâUE a ainsi fourni 15 millions dâeuros pour aider Ă son adoption et Ă sa mise en Ćuvre.
Ainsi par lâaction de lâUE sur le commerce des armes Ă lâĂ©chelle mondiale, les Etats membres cherchent Ă assurer la stabilitĂ© et la paix sur le sol EuropĂ©en. Seulement sur ce mĂȘme sol, des Etats ne font pas partie de ce traitĂ© comme la Russie.
En fin de compte Ă lâĂ©chelle internationale, le commerce des armes reste trĂšs peu limitĂ©. Peu dâEtats semblent vouloir se voir contraint pour Ă©changer, acheter ou vendre des armes et munitions. Si les plus gros exportateurs ne font rien alors le commerce des armes ne va pas diminuer et mĂȘme sâils en faisaient partie ça ne changerait peut-ĂȘtre rien. Pour preuve, la France bien que membre du TCA reste le 3Ăšme exportateur dâarmes au monde. Il faut ensuite rĂ©flĂ©chir sur les limites Ă imposer aux Etats, si le commerce des armes lĂ©gales subit trop de pression alors le commerce illĂ©gal dâarmes Ă feu qui est dĂ©jĂ important augmenterait plus encore. En effet, il est certes possible de limiter le commerce des armes mais pas les conflits qui demandent toujours plus dâarmes et de munitions.




