L’article 1109 du Code civil : Contrat consensuel et contrat solennel.
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19 octobre 2023

La responsabilitƩ contractuelle : le cas Emiliano Sala

Le contrat consensuel, le contrat solennel et le contrat rĆ©el sont tous les trois des types de contrats prĆ©vus par le lĆ©gislateur Ć  l’article 1109 du Code civil. Chacun de ces types de contrats possĆØde ses propres particularitĆ©s qui le distinguent des autres. Alors, qu’est-ce qu’un contrat consensuel ? En quoi se distingue le contrat solennel ? Quelles sont les caractĆ©ristiques du contrat rĆ©el ? Voici les questions auxquelles rĆ©pondra cet article. Il y sera prĆ©sentĆ© chaque type de contrat, sa dĆ©finition et ses critĆØres.

Le contrat consensuel

Qu’est-ce qu’un contrat consensuel ?

Le lĆ©gislateur dispose Ć  l’article 1109 alinĆ©a 1er que :

Ā« Le contrat est consensuel lorsqu’il se forme par le seul Ć©change des consentements quel qu’en soit le mode d’expression. Ā».

Il faut retenir ici que la volontƩ simple des parties suffit Ơ parfaire le contrat.

Le contrat consensuel repose sur le principe du consensualisme. Autrement dit, seul le consentement des parties est nĆ©cessaire pour la formation du contrat, c’est-Ć -dire lui donner tous les effets de droits que les cocontractants souhaitent. Ceux-ci n’ont donc pas besoin de toutes autres formalitĆ©s pour la validation du contrat, l’échange de consentements suffit.

Un contrat consensuel peut ĆŖtre un contrat verbal ou un contrat Ć©crit. L’écrit Ć©tant toutefois recommandĆ© pour faire face Ć  un Ć©ventuel litige.

Quels sont les critĆØres du contrat consensuel ?

Le contrat consensuel est un contrat simple. Le lĆ©gislateur ne l’a pas attachĆ© Ć  une quelconque formalitĆ© ou condition. Seul le consentement des parties est alors requis. Cela signifie qu’en cas de litige, le consentement est le seul critĆØre que le juge recherche pour confirmer l’existence d’un contrat consensuel.

Par principe, le consentement a d’ailleurs toute sa place en droit des contrats (article 1172 du Code civil). Le contrat Ć©tant un accord de volontĆ©s (article 1101 du Code civil). Les parties doivent exprimer leur consentement de maniĆØre Ć©clairĆ©e et exempt de vice.

Lorsque certains autres types de contrats (contrat solennel ou contrat rĆ©el) ajoutent au consentement des parties, d’autres formalitĆ©s pour parfaire la relation contractuelle, le contrat consensuel, lui, se limite Ć  ce niveau. Aucune condition de forme n’étant requise, seul le consentement comme condition de fond (article 1172 du Code civil) Ć©tant requis.

Comme exemple de contrat consensuel, on peut citer le contrat de bail, qui est formé dès lors que les parties se sont accordées sur les modalités du bail.

Le contrat solennel

Qu’est-ce qu’un contrat solennel ?

Le contrat solennel est prĆ©vu Ć  l’alinĆ©a 2 de l’article 1109 du Code civil. Le lĆ©gislateur y dispose que :

« Le contrat est solennel lorsque sa validité est subordonnée à des formes déterminées par la loi. ».

Le consentement seul donc ne suffit donc pas toujours pour conclure un contrat. Pour ce type de contrat, la validitĆ© est soumise Ć  l’accomplissement de certaines formalitĆ©s prĆ©vues par la loi.

La loi a dĆ©terminĆ© un certain nombre de matiĆØres en lesquelles le principe du consensualisme ne s’applique pas. La forme du contrat solennel peut ĆŖtre d’ordre public.

C’est dire que si elle n’est pas respectĆ©e, le contrat est nul, d’une nullitĆ© absolue (articles 1172 et 1179 du Code civil), notamment lorsque la formalitĆ© violĆ©e garantit la protection de l’intĆ©rĆŖt gĆ©nĆ©ral. La nullitĆ© du contrat peut aussi ĆŖtre relative.

On parle de nullité relative lorsque la formalité violée était destinée à protéger un intérêt privé. La nullité relative ne peut alors être invoquée que par la partie lésée par la violation.

Le formalisme de solennitƩ

A la diffĆ©rence des contrats consensuels qui peuvent ĆŖtre verbaux Ć  la volontĆ© des parties, les contrats solennels doivent suivre un formalisme se rapportant le plus souvent Ć  sa forme. Lorsqu’un contrat est solennel, il doit ĆŖtre Ć©crit, dans le but de garantir la sĆ©curitĆ© juridique de l’ensemble des parties. On distingue quatre types d’écrits.

  • L’acte authentique

C’est un Ć©crit signĆ© par les parties et le notaire. C’est la signature du notaire ou d’une autoritĆ© qui donne Ć  l’acte contractuel son caractĆØre authentique. Par exemple, le contrat de mariage.

  • L’acte sous seing privĆ©

Certains contrats doivent ĆŖtre Ć©crits mĆŖme sans intervention d’une autoritĆ©. C’est le cas du contrat de bail, ou du contrat d’assurance, ou encore du contrat de cession de crĆ©ance.

  • L’écrit Ć©lectronique

Lorsque l’écrit est imposĆ© par la loi, et que le contrat se fait de maniĆØre Ć©lectronique, les parties doivent utiliser un procĆ©dĆ© fiable d’identification tel que prĆ©vu Ć  l’article 1367 du Code civil (signature, identification du signataire et intĆ©gritĆ© de l’acte garantie).

  • Contrat consensuel

Bien que cela ne soit pas imposƩ par la loi, les parties peuvent toujours convenir de disposer de contrat par Ʃcrit, pour plus de sƩcuritƩ.

Le contrat rƩel

L’article 1172 du Code civil Ć©nonce que :

Ā« La loi subordonne la formation de certains contrats Ć  la remise d’une chose. Ā»

L’alinĆ©a 3 de l’article 1109 du Code civil rajoute Ć  cet effet que :

Ā« Le contrat est rĆ©el lorsque sa formation est subordonnĆ©e Ć  la remise d’une chose. Ā»

Le contrat rƩel est alors un contrat dont la conclusion est soumise Ơ la remise de la chose, objet du contrat.

Il est posƩ ici une condition essentielle de la formation du contrat rƩel, celle de la remise de la chose.

La chose objet du contrat doit ĆŖtre remise au cocontractant concernĆ©. Le dĆ©faut de remise de la chose, le contrat ne pourra alors ĆŖtre qualifiĆ© de rĆ©el, et ce, mĆŖme avec l’échange de consentement entre les parties. Comme exemple de contrat rĆ©el, on peut citer le contrat de dĆ©pĆ“t, rĆ©gi par l’article 1919 du Code civil.

Le contrat de vente d’immeuble survient de la rencontre entre l’offre et l’acceptation.

  • La conclusion du contrat doit ĆŖtre exempte de vices de consentement (erreur, dol ou violence).
  • L’objet d’un contrat doit ĆŖtre licite et non illicite.

Les clauses contractuelles doivent traduire la volontĆ© de chaque cocontractant de contracter. L’inexĆ©cution du contrat peut entraĆ®ner sa rĆ©siliation si l’inexĆ©cution porte sur une clause essentielle.

  • Le vice de consentement est une cause de nullitĆ© qui touche Ć  la validitĆ© du contrat.

La sanction peut alors être la résiliation du contrat avec restitution de contrepartie. Celui des cocontractants ou parties au contrat (créancier, débiteur) peut être condamné à payer des dommages et intérêts.

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