Retour vers le futur : le come-back du vinyle
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7 mai 2021

Retour vers le futur _ le come-back du vinyle

Disque microsillon, disque 33 tours, LP (Long Playing), 45 tours, Extended Play (EP) ou encore galette noire tels sont les termes utilisĂ©s pour dĂ©signer le vinyle, principal support de diffusion d’enregistrement sonore, commercialisĂ© en masse pendant la seconde moitiĂ© du 20e siècle. Si les ventes de vinyles, tout comme celles des disques compacts (CD), ont chutĂ© au profit de la numĂ©risation et plus tard des plateformes de musique en streaming, la galette noire refait un retour inattendu auprès des aficionados de musique. En effet les ventes de vinyle ne cessent de croĂ®tre depuis quelques annĂ©es, au point de dĂ©passer celles des CD. 

I. Du droit de reproduction Ă  la commercialisation 

L’article L. 122-3 du Code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle dispose que « La reproduction consiste dans la fixation matĂ©rielle de l’oeuvre par tous procĂ©dĂ©s qui permettent de la communiquer au public d’une manière indirecte Â». Le droit de reproduction offre donc Ă  l’auteur la facultĂ© d’autoriser la fabrication d’une ou plusieurs copies de son oeuvre, que ce soit sur CD ou vinyle. L’auteur doit dĂ©poser sa crĂ©ation auprès des SociĂ©tĂ©s des auteurs, compositeurs et Ă©diteurs de musique (Sacem) créée en 1851. Une oeuvre est protĂ©gĂ©e du fait mĂŞme de sa crĂ©ation si elle est originale. Pour autant son dĂ©pĂ´t va permettre Ă  l’auteur de constituer une preuve d’existence de l’oeuvre. Une demande de reproduction devra obligatoire ĂŞtre autorisĂ©e par la SDRM (SociĂ©tĂ© pour l’administration du droit de reproduction mĂ©canique des auteurs, compositeurs, Ă©diteurs, rĂ©alisateurs et doubleurs sous-titreurs). La SDMR créée en 1935, composĂ©e de la Sacem et de l’ Aeedrm (Association des Éditeurs pour l’Exploitation des Droits de Reproduction MĂ©canique), a pour missions essentielles  : 

  • d’autoriser la reproduction des oeuvres des rĂ©pertoires dont elle a la gestion ; 
  • fixer les conditions de cette autorisation ;
  • collecter et rĂ©partir les redevances. 

Dans la plupart des cas c’est un label discographique, ou plus communĂ©ment appelĂ© « maison de disque Â» qui produira, Ă©ditera et se chargera de la distribution des enregistrements de l’artiste. Ă€ titre d’exemple le label indĂ©pendant anglais Domino Records Ă  rĂ©cemment fait parler de lui. En effet la maison de disques londonienne a signĂ© avec le groupe de shoegaze irlandais My Bloody Valentine, auteur de l’album culte Loveless, sortie en 1991. Ce contrat a permis la publication de l’intĂ©gralitĂ© du catalogue du groupe sur les plateformes musicales de streaming, après 36 ans de carrière, mais aussi la réédition en versions physiques de chaque album dès le 21 mai prochain. 

Un objet vintage issu d’un marchĂ© relativement rĂ©cent 

Si le vinyle peut sembler vintage, sa commercialisation est toutefois relativement rĂ©cente. En effet le marchĂ© musical a vu le jour avec l’apparition des 33 tours et du rock & roll, vers la fin des annĂ©es 50 et du dĂ©but des annĂ©es 60. En France il faut attendre les annĂ©es 1962/1963 pour qu’on atteigne pour la première fois une commercialisation Ă  plus de 10 millions d’exemplaires par an, puis 20 millions d’unitĂ©s dans les annĂ©es 1970/1971 pour ensuite exploser Ă  100 millions entre 1979/1980. Le marchĂ© va ensuite s’effondrer peu Ă  peu avant de reprendre vigoureusement dans les annĂ©es 90 avec l’apparition du CD. Il s’effondrera Ă  nouveau au dĂ©but des annĂ©es 2000 au profit des enregistrements numĂ©risĂ©s comme le format MP3. 

Depuis quelques annĂ©es le retour du vinyle s’observe auprès des consommateurs. S’il a pu ĂŞtre perçu comme un objet de mode issu de la culture « Hipster Â», il ne reste pas moins le meilleur support pour profiter d’une qualitĂ© sonore plus riche que le format numĂ©rique. Pour autant la question fait encore dĂ©bat.

2020, meilleure annĂ©e pour le format vinyle depuis plus de 30 ans 

Et si la pandĂ©mie avait profitĂ© au vinyle ? Dans un secteur culturel immobilisĂ©, depuis plus d’un an, le vinyle a la cĂ´te auprès des consommateurs français. Selon le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) les ventes de supports physiques ont reculĂ© de -36,8% en 2020. Ce recul s’explique notamment par la fermeture des points de vente lors des confinements au printemps et Ă  l’automne 2020, pĂ©riode durant laquelle oĂą les disquaires n’étaient pas considĂ©rĂ©s comme commerce « essentiel Â». Pour autant la vente de vinyle reprĂ©sente 31% des ventes de supports physiques dĂ©but 2020 contre 24,6% l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. 

Il n’y a pas que dans l’hexagone que le vinyle ne connait pas la crise. Outre-Manche, selon The Guardian, la vente de vinyles a atteint un record jamais Ă©galĂ©e depuis 30 ans. En effet les ventes ont augmentĂ© de 10% et pourraient atteindre la barre des 100 millions de livres sterling. Les ventes sur l’annĂ©e 2020 auront donc Ă©tĂ© un record depuis 1990. Et pour rester dans les annĂ©es 90, l’album le plus vendu outre-Manche en 2020 est  (What’s the Story) Morning Glory?, album qu’on ne prĂ©sente plus, sorti en 1995, du cĂ©lèbre, voire mĂŞme du lĂ©gendaire groupe de rock Oasis. Il est suivi de l’album Rumours du groupe Fleetwood Mac sorti il y a 43 ans. Le vinyle serait-il donc plus prolifique aux vieux groupes de rock ? En France le vinyle le plus vendu est Power Up du groupe AC/DC, sorti en novembre 2020. La meilleure vente de vinyle pour un artiste français se trouve Ă  la 7e place et est assurĂ© par notre Johnny Halliday national, pour son album posthume Son rĂŞve amĂ©ricain.

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