La lutte contre la corruption d’arbitre dans le football

9 février 2024

La lutte contre la corruption d'arbitre dans le football

La profusion d’argent attire l’escroquerie et la corruption, elle a également toujours attiré la criminalité organisée. Cette corruption est généralement due aux rémunérations insuffisantes que reçoivent les arbitres, ceux qui les poussent à accepter d’effectuer des actions illégales et surtout inégales par rapport aux joueurs, afin d’assurer une rémunération supérieure. Cette corruption, va fausser le match et révéler des faux résultats certes, mais cela va également engendrer une émergence de colère au sein des équipes victimes de cette illégalité compte tenu de leurs efforts fournis durant le match.

Cette corruption d’arbitres constitue une menace sérieuse pour l’intégrité du sport. En mettant en lumière ses implications dévastatrices et en identifiant les facteurs contributifs, il devient impératif d’adopter des mesures concrètes pour lutter contre ce fléau. Seule une action collective, englobant les autorités sportives, les gouvernements et les supporters, peut garantir un avenir où le sport demeure un terrain de jeu équitable, libre de toute influence malveillante. C’est pour cela que, en plus des quatre arbitres présent sur le terrain, une surveillance technologique.

Le Conseil de l’Europe a adopté en 1999 deux conventions complémentaires, la Convention pénale sur la corruption et la Convention civile sur la corruption. Elles sont toutes deux applicables à la corruption dans le domaine du sport, qui peut relever aussi bien du droit civil que du droit pénal.

La Convention civile définit la corruption comme « le fait de solliciter, d’offrir, de donner ou d’accepter, directement ou indirectement, une commission illicite, un autre avantage indu ou la promesse d’un tel avantage indu qui affecte l’exercice normal d’une fonction ou le comportement requis du bénéficiaire de la commission illicite, de l’avantage indu ou de la promesse d’un tel avantage indu ». Cette définition est assez large pour couvrir la plupart des cas de corruption dans le sport.

En Suisse, après les diverses corruptions constatées, les parlementaires avaient approuvé une “loi Fifa permettant de considérer les responsables sportifs comme des personnes politiquement exposées afin de les poursuivre en justice en cas de suspicion de blanchiment d’argent ou de corruption, pour but de les sanctionner.

Les sanctions conduisent généralement les mafias du football a payé des dommages et intérêts ainsi que de quitter leur poste d’arbitre. Cependant, même si des lois sont promulguées afin de réduire ces corruptions qui se multiplient, les sanctions ne sont malheureusement pas appliquées. Il y a un problème au niveau de la prescription, qui pousse par exemple la FIFA (Fédération Internationale de football Association) à refuser d’appliquer des sanctions lors de la découverte de fautes d’arbitres constatées, mais qui n’interviennent malheureusement pas après le match. Ainsi passé un délai ces sanctions ne peuvent être rétroactives.

Malgré l’envie de sanctionner la corruption qui pèse et qui règne dans le monde du football, les sanctions ne s’appliquent malheureusement pas. Effectivement, des sanctions d’arbitres sont souvent insuffisantes ou inappliquées de manière incohérente, cela crée un environnement propice à la persistance de ces pratiques malveillantes.

Au niveau du football espagnol, le FC Barcelone a été suspecté de versements de 1,4 millions d’euros au vice-président de la commission technique des arbitres entre 2016 et 2018. Ce qui a été en effet prouvé. Néanmoins Javier Tebas, président de la Liga a affirmé qu’il est impossible qu’il y ait des sanctions disciplinaires sportives » contre le FC Barcelone, car le délai de prescription des possibles infractions concernant les éventuels paiements à d’ex-responsables arbitraux pour lesquels la justice a ouvert une enquête est dépassé. Les faits s’étant passés en 2018 pour la dernière fois et les poursuites faites en 2023, le délai de prescription de 3 ans a été dépassé.

Antérieurement à notre génération, en 2013, lors d’une étude, la police européenne avait relevé dans un lot d’environ 700 matchs truqués, l’un des matchs les plus scandaleux, le rencontre qui opposait la Bolivie à l’Argentine dans la catégorie moins de 20 ans. Alors que le match était censé être terminé depuis 13 minutes, l’arbitre hongrois corrompu a accordé un penalty “imaginaire” aux argentins.

Plus récemment, concernant la Coupe d’Afrique des Nations, où l’Algérie est sans cesse rongée par la corruption. En 2018, la BBC avait révélé lors d’une enquête des révélations d’arbitres anonymes. Un arbitre anonyme a annoncé « J’ai essayé d’éviter ça pendant des années, mais ma carrière ne me menait nulle part. Maintenant, être ouvert à la corruption, ça me semble être juste une extension dans mon rôle d’arbitre. Je n’obtiens pas autant si je ne fais pas avec, et honnêtement, je dois bien soutenir ma famille avec mon seul salaire… » . En 2020, l’Algérie se retrouve une nouvelle fois devant la justice, étant considérée comme victime de corruption, aucun dommage n’a été attribué à l’Algérie et aucune sanction de la part de la FIFA n’a été envisagée.

Le monde du football est infecté de corruption, cependant aucun remède n’a été trouvé jusqu’à aujourd’hui.

Pour lutter efficacement contre la corruption d’arbitres, plusieurs mesures doivent être mises en œuvre. Tout d’abord, une révision et une augmentation des rémunérations des arbitres sont nécessaires pour réduire leur vulnérabilité financière. Des mécanismes de surveillance plus stricts, tels que la surveillance électronique et l’utilisation de la technologie VAR (Video Assistant Referee), peuvent également renforcer la transparence et la responsabilité.

En essayant d’amplifier ces mesures et de modifier la prescription, cela serait-il efficace pour effacer cette notion de corruption dans le monde du football ?

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