La protection de la santé des combattants de MMA en France

octobre 30, 2021
PROTECTION DE SANTE

Fraîchement légalisé en France, les compétitions en Arts Martiaux Mixtes sont de réelles prouesses techniques et physiques. L’une des raisons sous-jacentes de leur interdiction était le caractère violent qui mettait en danger l’intégrité physique des combattants. Les risques sur l’intégrité physique de ces artistes martiaux sont bien réels, cependant de nombreuses études ont démontré que les compétiteurs connaissaient moins de blessures graves que dans d’autres sports de combat. Cela s’explique surtout par l’aspect multidimensionnel du sport, mais aussi par l’encadrement rigoureux de la protection des combattants avant, pendant et après les événements sportifs. Cet encadrement est un préalable à l’organisation de compétions professionnels en France.

I. Les dispositifs permettant la sureté de la santé des compétiteurs

En vertu de l’article L. 231-2-3 du Code du sport, la participation à une compétition professionnelle de MMA est subordonnée à la fourniture par le combattant d’un certificat médical. Pour pouvoir obtenir ce certificat, il est essentiel que le sportif puisse satisfaire à une batterie de test portant sur l’état de sa santé neurologique, mentale et ophtalmologique (acuité́ visuelle, champ visuel, tonus oculaire et fond d’œil). Ce certificat médical est valable un an. La période s’apprécie au jour de la demande de l’inscription à la compétition ou au jour de la demande de la licence.

Certaines pathologies entrainent de facto une contre-indication absolue à la pratique professionnelle, on retrouve par exemple : des antécédents neurochirurgicaux, l’hépatite ou le VIH, etc.

En plus de cela, les combattants de plus de 32 ans doivent être soumis à 2 examens complémentaires :

  • Un électrocardiogramme d’effort (tous les 5 ans) ;
  • Un angio IRM cérébral (tous les 3 ans).

Pour les combattants de plus de 45 ans, ils doivent apporter une justification sur le fait qu’ils s’entrainent toujours. Mais également justifier de leur continuité en compétition, un combat officiel dans une période de 18 mois est nécessaire pour y satisfaire. Lors des compétitions, le Code sportif professionnel de la fédération de MMA exige que leur adversaire n’ait pas plus de 10 ans de moins.

Le cas des combattants en situation de handicap est examiné par la commission médicale.

Le jour des combats, les artistes martiaux doivent également faire l’objet d’un examen médical d’aptitude. Pour les femmes, elles doivent présenter le jour de la pesée une attestation sur l’honneur déclarant qu’elles ne sont pas, à leur connaissance, enceinte.

II. L’encadrement médical pendant et après la compétition

Lors d’une compétition et après l’examen pré-combat précédemment évoqué, le médecin jouera un rôle fondamental pendant le combat mais également après le combat. 

Pendant le déroulement du combat, le médecin pourra à la demande de l’arbitre ou par sa propre initiative, interrompre le combat. Cette fonction lui permet de protéger les combattants, s’il estime qu’ils sont en dangers. De plus, après chaque K.O. ou blessure, le médecin chargé du combat précise l’événement dans un livret sportif afin d’assurer un suivi des blessures. Enfin, durant la minute de récupération entre chaque round, le médecin peut demander à réaliser un examen visuel du combattant, et s’il l’estime nécessaire, arrêter le combat. 

Enfin, immédiatement après le combat, le médecin effectue une visite post-combat pour s’assurer du bon état de santé du combattant et éventuellement planifier les soins qui devront être dispensés. Il existe à ce titre un protocole commotion cérébrale spécifique, afin de s’assurer de protéger les combattants des troubles cognitifs et neurologiques. De plus, le médecin remplira alors le portail de suivi des commotions cérébrales.  

Il est important de préciser qu’un combattant qui refuserait de se soumettre à cet examen médical post-combat, se verrait immédiatement suspendu jusqu’au prononcé d’une enquête sur sa situation

L’analyse du médecin donnera lieu à une déclaration auprès de l’autorité administrative responsable, comportant les nom, prénom et âge des combattants ainsi que les conditions d’une éventuelle mise hors de combat. 

Pour terminer, il faut savoir que certains combattants disposent réellement d’une armée médicale afin de les encadrer. Leurs constantes sont quotidiennement surveillées afin de leur permettre d’atteindre le maximum de leurs capacités en toute sécurité. Néanmoins, ce suivi implique un coût important qui n’est pas accessible pour l’ensemble des combattants.

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